Le PER salarié et le PER professions libérales sont devenus des outils centraux en gestion de patrimoine.
Ces dispositifs reviennent régulièrement lors d’entretiens clients. Derrière le sigle PER, plan d’épargne retraite, se cachent des logiques distinctes. Les règles fiscales, les modalités de versement et les stratégies patrimoniales ne se pilotent pas de la même façon selon que l’on soit salarié ou travailleur indépendant.
Le PER salarié se décline principalement sous deux formes : le PER d’entreprise collectif et le PER individuel ouvert à titre personnel. Le PER d’entreprise s’est imposé comme un prolongement du dispositif d’épargne salariale.
Le fonctionnement est relativement simple. Le salarié peut effectuer des versements volontaires. L’entreprise peut abonder ces versements. Les primes d’intéressement ou de participation peuvent aussi être orientées vers le plan. Ce mécanisme crée un effet de levier immédiat, souvent sous-estimé. Quand l’employeur abonde à 100 %, l’effort d’épargne est doublé.
Sur le plan fiscal, les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux. Cela réduit l’impôt aujourd’hui, avec une fiscalité reportée à la retraite. Ce report peut être pertinent pour un salarié en forte tranche marginale d’imposition, par exemple un cadre supérieur imposé à 41 %.
Pour un salarié, les versements volontaires effectués sur un PER individuel ou un PER d’entreprise sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel.
Ce plafond correspond à 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, retenus dans la limite de 8 fois le PASS. Le PASS correspond au plafond annuel de la sécurité sociale, et est de 48 060 € en 2026.
Il existe aussi un minimum légal. Même avec des revenus modestes, le plafond ne peut pas être inférieur à 10 % du PASS. Cela signifie qu’un salarié peut déduire un minimum, même avec un revenu faible ou irrégulier.
De plus, les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont reportables. Ce mécanisme peut devenir stratégique. Un cadre supérieur ayant peu versé durant plusieurs années peut mobiliser un plafond cumulé important.
Les couples mariés ou pacsés disposant d’une déclaration commune peuvent bénéficier des plafonds du conjoint ou partenaire n’ayant pas été utilisés.
La question du choix entre sortie en capital ou en rente mérite réflexion. Beaucoup privilégient le capital, attirés par la souplesse. Pourtant, dans certains cas, une rente viagère apporte une stabilité appréciable. L’ingénierie patrimoniale examine toujours la situation globale avant de trancher.
Pour les professions libérales, le PER remplace progressivement les anciens contrats Madelin. On parle ici du PER individuel souscrit par un travailleur non salarié, médecin, avocat, expert-comptable ou consultant indépendant.
La logique est plus personnelle. Il n’y a pas d’abondement d’employeur. L’effort d’épargne repose uniquement sur le professionnel. En revanche, les plafonds de déduction sont souvent plus élevés, calculés sur le bénéfice imposable. Cela permet d’ajuster finement le montant versé en fonction des résultats annuels.
Pour un travailleur non salarié, le calcul du plafond de déduction obéit à une formule différente, souvent plus favorable.
Il correspond à 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Ce mécanisme permet une déduction plus importante pour les revenus élevés.
Pour un professionnel libéral à forte rentabilité, la déduction fiscale peut représenter une économie substantielle. À court terme, cela allège l’impôt. À long terme, cela constitue un capital retraite structuré.
Mais attention, la variabilité des revenus en profession libérale impose de la prudence. Certaines années sont très bonnes, d’autres plus mesurées.
Pour clarifier les différences, voici deux tableaux comparatifs :
| Critères | PER salarié | PER profession libérale |
|---|---|---|
| Origine des versements | Salarié + possible abondement employeur | Professionnel uniquement |
| Déductibilité fiscale | Oui dans les plafonds légaux | Oui avec plafonds souvent plus élevés |
| Régularité des versements | Souvent mensuelle | Souvent annuelle ou modulable |
| Impact trésorerie | Effort partagé avec l’entreprise | Effort supporté seul |
| Logique patrimoniale | Complément de retraite salariale | Outil central de retraite du TNS |
| Profil | Base de calcul | Taux principal | Complément | Report des plafonds |
|---|---|---|---|---|
| Salarié | Revenu net imposable | 10 % | Minimum légal basé sur le PASS | Oui sur 3 ans |
| Profession libérale | Bénéfice imposable | 10 % | + 15 % sur fraction comprise entre 1 et 8 PASS | Oui sur 3 ans |
Ce tableau simplifie la lecture, mais la réalité reste plus nuancée. Chaque situation familiale et fiscale modifie l’analyse.
Le PER, salarié ou libéral, repose sur un principe simple : déduire aujourd’hui pour payer demain. Cela paraît séduisant. Pourtant, ce mécanisme suppose une anticipation réaliste du niveau d’imposition à la retraite.
Un chef d’entreprise qui revend son activité peut voir son revenu baisser fortement après la cession. Dans ce cas, la sortie du PER peut être fiscalement optimisée. À l’inverse, un professionnel libéral qui conserve des revenus élevés tardivement peut se retrouver dans une tranche d’imposition proche de celle de sa vie active.
Beaucoup de souscripteurs se focalisent sur la déduction fiscale et oublient la sortie. Pourtant, c’est là que tout se joue.
La sortie en capital offre de la souplesse. Elle permet d’investir dans l’immobilier, d’aider ses enfants, de compléter un projet. La sortie en rente apporte un revenu régulier jusqu’au décès. Elle rassure certains profils.
Il n’existe pas de réponse universelle. Le gestionnaire de patrimoine examine le patrimoine global, l’immobilier détenu, les contrats d’assurance vie, la capacité d’épargne résiduelle. Une stratégie cohérente intègre le PER dans un ensemble plus large.
On parle souvent du PER comme d’un outil retraite. C’est vrai. Mais il peut aussi jouer un rôle dans la transmission du patrimoine.
En cas de décès avant liquidation, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés. La fiscalité dépend de l’âge au moment du décès et de la nature des sommes versées. Ce point mérite une étude fine.
Il arrive qu’un client possède déjà de l’immobilier locatif, une société civile, une assurance vie ancienne. Ajouter un PER ne doit pas créer un déséquilibre. Il s’agit d’orchestrer les supports.
Les carrières linéaires sont rares. Un salarié peut devenir indépendant. Un professionnel libéral peut intégrer une structure salariée.
La transférabilité du PER facilite ces transitions. Les droits acquis peuvent être regroupés, mais les conséquences fiscales et sociales doivent être vérifiées.
Le PER salarié et le PER professions libérales répondent à une logique commune d’épargne retraite, mais leurs mécanismes diffèrent. Pour un salarié, l’abondement et l’épargne salariale constituent un levier puissant. Pour un professionnel libéral, la souplesse des versements et la déduction sur le bénéfice imposable offrent une marge d’ajustement intéressante.
La vraie question n’est pas de savoir quel PER choisir en théorie. La vraie question est de savoir comment l’intégrer dans une stratégie patrimoniale cohérente.
La retraite ne se prépare pas en une fois. Elle se construit dans le temps, avec méthode, parfois avec des ajustements. Le PER reste un outil efficace, à condition de l’inscrire dans une vision globale et structurée du patrimoine.
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Son expertise repose sur deux masters, dont celui de l’AUREP, référence nationale en gestion de patrimoine. Fort d’une solide expérience internationale, acquise notamment au sein de cabinets prestigieux comme PricewaterhouseCoopers, Nicolas a également exercé dans la gestion de fortune, où il supervisait plusieurs centaines de millions d’euros d’encours.
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